lundi 20 janvier 2014

Il existe une plage perdue entre deux montagnes, au sud de la Martinique, où l'océan invite à se fondre dans un bain de phytoplancton bioluminescent. Une fois totalement immergé, on a la sensation de flotter parmi les étoiles. Elles se déposent sur la peau comme sur le sable fin, et je crois même qu'elles viennent se loger définitivement dans les yeux des rares visiteurs. De part ma nature humaine, je doute que l'on puisse s'en sortir indemne, sans même avoir été touché un seul instant. L'indifférence s'efface intégralement lorsque la beauté appose ainsi sa signature.

En tournoyant dans l'eau pour que la lumière redouble d'intensité, ces petites perles d'un bleu astral n'ont cessé d'accroître mon émerveillement. J'ai tout d'abord été traversé par de longs frissons avant que ne jaillissent quelques larmes de joie. Cela restera une expérience hors du commun dont je garderai le souvenir impérissable. Imaginez-vous au milieu d'un essaim de lucioles... C'était magique. La lune, pleine cette nuit-là, me murmurait ce qu'un ange aurait été incapable de prononcer. Seul en apparence, j'ai dévoilé sans nulle appréhension ce que je suis réellement, un enfant dont la flamme originelle ne s'éteindra 
pour rien au monde. 

Un hamac pour des nuits au parfum d'hibiscus et d’ylang-ylang, une machette pour ouvrir les noix de coco et me frayer mon propre sentier, une âme d'artiste passionné par la nature, un cœur réceptif à la beauté du monde, voilà l'équipement de mes plus belles envolées aventurières. Rien de tel que de ne plus entendre le grondement des villes, rien de tel que de prendre l'air le plus loin possible du matraquage ambiant. Le temps semble se figer juste avant que le premier pas ne soit accompli, ce qui, pour moi, est ce que l'on ressent de plus exquis au départ d'une grande excursion. 

De l'inaction au dépassement de soi, un pont fait souvent office d'unique jonction, comme une structure fragile où chaque planche représente une peur. Un pont que j'ai fini par oser traverser. Certains endroits renferment de telles énergies qu'il suffit d'ouvrir son cœur pour que s'y déversent d’innombrables richesses, c'est ainsi que les Caraïbes m'ont aimanté. Mais au fond, tant qu'il y a la nature pour m'accueillir et me permettre de retrouver ma sphère d'écriture, le lieu d'atterrissage n'a que peu d'importance.

J’éprouve un profond besoin de partager tout ceci avec quelqu'un, de partager beaucoup plus que cette multitude de mots découlant de mes péripéties, au croisement de nos chemins, je sais que c'est possible. Et au vu de l'estime que je porte à mon amie la plus poche, Chloé, j'aurais tendance à écrire "avec quelqu'un qui lui ressemble". Pourtant, toute convergence humaine possède ses particularités propres, et c'est précisément ce qui en fait sa valeur incomparable. À chaque âme son exception.

Une chose est sûre: l'Amour m'anime dès l'instant où je m'autorise à répondre sans concession aux requêtes de mon âme, dès l'instant où je prends soin de moi sans dépendance aucune, dès l'instant où j'accepte la solitude comme faisant partie de l'aventure.

1 commentaire:

  1. Je te suis de très près, ici et sur Facebook. Tes images et tes mots trouvent écho en moi. J'ai été, plus que d'autres, libre de choisir ma destinée et j'ai exploré et appris, ai exercé ce choix dans de nombreux domaines, sans toutefois franchir le pas de la liberté totale. Ce n'était jamais "la peur de n'être rien sans rien", mais plutôt l'appréhension de l'isolement total et du manque de contact, ou l'absence de contact avec des humains comme nous.

    J'appartiens à une génération qui n'a pas su comprenre à temps ce qui se passait dans les coulisses (le principe de la grenouille qui ne savait pas qu'elle était cuite).

    Tu es l'espoir des générations futures!

    Christine Canton Westerlund

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