vendredi 11 octobre 2013

Brève rétrospection.

Ne plus pouvoir dormir, ne plus vouloir sortir,
perdre tout intérêt pour l'extérieur, s'enfermer, se renfermer,
perdre l'équilibre, cogiter sur l'échappatoire,
hésiter entre anesthésie et euthanasie, angoisser,
vivre par dépit, se coltiner une légion de dépendances,
essayer en vain le sevrage, ne plus se supporter,
s'écœurer, hurler contre soi, perdre la notion du temps,
confondre nuit et jour, éviter les miroirs, désirer disparaître,
devenir une ombre errante, rameuter les sombres démons,
flirter avec la démence, déraisonner seul, contracter la haine,
déverser l'aigreur, s'enliser dans l'erreur, s'égarer complètement,
combler le silence par d'interminables réflexions,
rager entre quatre murs, s'éteindre, se couper de l'amour,
se faner piteusement lorsque tout dégénère autour...

Voilà tout ce que j'ai quitté dès mon départ de Nantes, mais surtout,
voilà qui s'est révélé nécessaire à mes nouvelles fondations.

Je le comprends aujourd'hui, au souvenir d’hier.


(Photographie issue de ma vie à Nantes.) 
Nombreuses ont été les embuscades, profondes ont été les déchirures, mais je ne crains plus ni la poussière de mes échecs ni l'invective des assaillants.

1 commentaire:

  1. Merci pour ton partage, j'aime te lire, tu as une belle expérience de la vie , tu as saisis ce que veux dire la vie et la différencier de la survie.. Merci :-)
    Sonia

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